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Lâchers de ballons

LÂCHERS DE BALLONS = DANGER DE MORT POUR LES TORTUES MARINES


Pour une fête communale ou familiale, un anniversaire, un mariage, une campagne publicitaire… un lâcher de ballons en latex multicolores est devenu une habitude sociale fréquente. On fait souvent accrocher une adresse, un message destiné à l’éventuelle personne qui retrouvera le ballon dégonflé. Selon les estimations, ce serait environ 1 million de ballons qui partiraient ainsi vers le ciel, gonflés à l’hélium!


Et pourtant les menaces que représentent ces ballons libres sont bien réelles, en particulier aux abords des aérodromes. Encore gonflés, les ballons peuvent par le jeu des vents s’éloigner très vite et très loin du lieu de lâcher. Il est estimé que 70% des ballons gonflés à l’hélium montent en moins de 12 h à 8 km puis explosent. Beaucoup des débris se retrouvent alors dans les rivières, les fleuves et les océans. Ils deviennent alors un grave danger pour la faune vertébrée marine et aviaire. Chaque jour, des tortues marines sont victimes de cette pollution humaine, que ce soit par ces ballons, des sacs plastiques ou autres débris.


Des arrêtés municipaux ou préfectoraux, en diverses régions, commencent à réglementer ce type d’activité. Mais le grand public ignore les formalités ou les trouve trop astreignantes, et les lâchers de ballons continuent.

Le Programme des Nations-Unis pour l’Environnement (PNUE), dénonce dans son rapport¹ de 2009 le ramassage sur les plages du monde entier d’environ 896000 déchets de ballons entre 1989 et 2007 rejetés par les vagues.

 En France, des recommandations ont été faites au sujet des lâchers de ballons dans le "Grenelle de la Mer"², en particulier par l’association Robin des Bois (www.robindesbois.org ).


Des ONGs, de part le monde, s’inquiètent du danger représenté par l’absorption de débris de latex par les tortues marines comme par exemple Australian Seabird Rescue qui a fait une campagne d’affichage sur le sujet.


Chélonée s’engage dans ce même combat pour la limitation, voire la suppression complète des lâchers de ballons, en particulier en bordure de mer et en milieu insulaire. L’association va œuvrer pour faire évoluer la législation française dans ce sens.


Chélonée est intervenu auprès du sénateur de Saint-Pierre-et-Miquelon pour interdire les lâchers de ballons sur le territoire.  La sénatrice Catherine Deroche a interrogé la ministre de la Transition écologique, au nom de Chélonée, sur un éventuel arrêté interdisant ces lâchers de ballons le long des côtes françaises.  



¹. JEFTIC, L., SHEAVLY, S., & E. ADLER, 2009. Marine Litter: A Global Challenge. PNUE, Nairobi, 237 pp.

²MEEDDAT, 2009. Groupe de travail déchets en milieu aquatiques Grenelle de l’Environnement. RdB MEEDDAT, Paris, 28 pp.



Photos Australian Seabird Rescue

Lettre aux maires de France

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Mauritanie

Projet Digmile 

d’étude et de conservation des tortues marines en Mauritanie



Les objectifs de ce projet:


 - Connaissance sur la présence des tortues marines sur le littoral mauritanien


- Identifier les plages de nidification de la Caouanne (limite septentrionale dans l’Atlantique sud-est) et de potentiels sites de ponte de la Tortue verte et de la Luth; suivre les sites réguliers;

- Identifier les Tortues vertes adultes et étudier leur comportement sur le grand herbier du Parc national du Banc d’Arguin;

- Découvrir et cartographier les aires de croissance de Tortues vertes et Tortues imbriquées;

- Confirmer la présence de la Tortue olivâtre et/ou de la Tortue de Kemp;

- Mieux connaitre les relations hommes-tortues marines sur le littoral mauritanien 


- Protection


- Sensibiliser la population locale (enfants, femmes, pêcheurs…) sur la nécessité de préserver les tortues marines;

- Réduire au maximum l’exploitation des produits(viande, graisse, œufs…):

- Former les gardes des aires protégées littorales (Parc national du Banc d’Arguin, Réserve de Biosphère du Bas-Delta du Fleuve Sénégal / Parc national du Diawling) à la conservation des tortues marines;

- Aider le gouvernement mauritanien à la rédaction et à la mise en œuvre d’un Plan d’Action national de conservation des tortues marines.


- Améliorer les conditions de vie des villages et campements du littoral


- Favoriser l’accès aux soins;

- Favoriser l’accès à la scolarité;

- Favoriser l’accès à l’eau potable;

- Améliorer la conservation du poisson non vendu immédiatement.



Le contexte mauritanien est difficile et complexe, la population est un patchwork d’ethnies et de castes. Pour réussir, le projet avait besoin d’un ancrage solide que localement seul le bureau mauritanien de l’UICN pouvait lui assurer. Le projet avait également besoin d’un chef de projet local connaissant bien les rouages de l’administration et des aires protégées littorales, la législation, les acteurs environnementaux, les spécificités humaines mauritaniennes et les coutumes; quelqu’un capable de mettre en place la logistique efficace pour mener à bien les activités ciblées. C’est pourquoi Chélonée a choisi de travailler avec l’ONG Nafore dirigée par Amadou Diam BA, ancien conservateur du Parc national du Diawling et ancien Directeur des Aires protégées et du Littoral au ministère de l’Environnement.

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Guinée Bissau - Archipel des Bijagos

Une première mission sur financement Marine Turtle Conservation Act a été réalisée du 9 au 22 septembre 2011 dans l’Archipel des Bijagos (Guinée Bissau). Elle avait pour objectif de rechercher des sites de nidification d’Eretmochelys imbricata dans cet archipel et faire le point sur la présence de l’espèce dans cette région.


La durée limitée de cette mission nous a obligés à ne prospecter que quelques îles et ilots: Papagaios, Soga, Uracão, Salum (Porcos II), João Viera, Porcos I, Galinhas. Les plages ont été inspectées à pieds à la recherche de traces de montées, de nids ou membranes d’œufs indiquant un nid prédaté (essentiellement par des Varans). Des interviews ont été menées auprès des hommes dans 6 villages et 1 campement: Ancobin et Etikoba (Soga), Eguba (Uracane), Mar Azul, Amtité et Jovenes (Galinhas).


Lors de la mission de septembre 2011, des hommes de 6 villages ont été interrogés à propos de la Tortue imbriquée.  

Etant donné l’éloignement des villages des plages et l’organisation sociale des Bijagos les conduisant sans doute rarement sur ces plages la nuit, les résultats de ces interviews sont très décevants. Il y a sans doute aussi souvent confusion entre les diverses espèces, ce qui fait que les réponses à nos questions ne sont pas toujours fiables.


Sur Soga, un pêcheur d’une quarantaine d’années nous dit avoir vu en août 2011 au petit matin sur la plage une tortue qu’il nomme Entenke ekoto engourma et qu’il identifie sur nos photos comme étant une Tortue imbriquée. Il dit bien connaitre cette tortue car quand il pêchait avec des barrières chinoises, des immatures de cette sorte de tortue se retrouvait souvent piégée dedans. D’autres hommes de Soga identifient sur les photos Eretmochelys sous les noms vernaculaires de Diakara et Kontanké koyakara. 

Sur l’île de Galinhas, le chef du village et les hommes interrogés disent ne pas connaitre la Tortue imbriquée. Or à l’entrée d’une case de Mar Azul est pendu un fétiche en forme de long harpon en bois comprenant des coquillages, des piquants de Porc Epic et une vertébrale d’Eretmochelys!


Dans chaque village, nous demandions à nos interlocuteurs de nous montrer les dossières de tortues qu’ils ont chez eux. Nous ne prétendons pas les avoir toutes vues, surtout celles qui restent cachées dans le lieu sacré (baloba) où ont lieu les cérémonies initiatiques. Aucune dossière d’Eretmochelys ne nous a été montrée, toutes étaient de Chelonia mydas immatures ou adultes. Quelques femmes ont été vues en train d’utiliser une grande carapace de Tortue verte pour l’extraction de la pulpe des fruits du palmier à huile.


Papagaios (11°36’13 N / 15°53’39W). Cette petite plage étroite, aux abords de beach rocks volcaniques est favorable à la nidification d’Eretmochelys. Nous y avons trouvé des membranes d’œufs de Chelonia mydas.


Soga. Praia de Endjan (11°20’13.6 N - 11°20’24.8N / 15°53’30.1W – 15°53’20.9W). Présence d’arbustes à branches basses favorables pour le couvert des pontes. Pas de traces d’une quelconque nidification dans les semaines précédentes.

. Praia Eticobone (11°20’30.6N – 11°20’36.2N / 15°53’18.7W – 15°53’15.4W). Potentiellement très bonne plage pour des pontes d’Eretmochelys. A surveiller.


Uracão. Plage du village d’Eguba (11°21’14.7N / 16°01’43.4W). Pas de traces de ponte.


Porcos (îlot satellite de Roxa)(11°19’33.9N – 11°19’25.1N / 15°39’9W – 15°39’06.7W). Nombreuses membranes d’œufs de Chelonia mydas près d’un campement et d’une dossière de Chelonia adulte. Présence sur environ 1/3 de l’îlot d’une végétation arbustive en haut de plage propice à la nidification d’Eretmochelys.

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